jeudi 16 février 2012

La France : champ de bataille

La guerre de 1914-1918.  L’avancée des Allemands est arrêtée juste avant qu’ils n'atteignent Paris.  Mais ce n’est qu’une mince ligne de tranchées qui empêche la puissante armée allemande de passer.

L’héroïsme des poilus ainsi que l’aide des Anglais dénient la victoire aux allemands jusqu’aux arrivée des Américains en 1918.  Les alliés, au bout de leurs forces, réussissent enfin à vaincre l’Empire allemand.  La France est sauvée.

Les coûts à la France sont pourtant énormes : 1,5 millions de morts.  Aussi me dois-je de mentionner les soldats des autres pays que s’allièrent à la France : la Russie, la Serbie, l’Italie, etc.

(Je souhaite reconnaître les pertes considérables des fantassins allemands, bien que leur empereur voulût soumettre la France et l’Angleterre pour que la domination allemande pût s’instaurer en Europe.  Leur cause n’était pas juste, mais je n’arrive pas à les condamner.)

Il ne faut jamais parler de la Première guerre mondiale, ni d’une guerre quelconque, avec légèreté. L’horreur de la guerre ne peut être imaginée que par ceux qui en témoignent.  Donc on a de la chance que la paix règne actuellement en Europe.  Une autre guerre entre la France et l’Allemagne est aujourd'hui impensable : une situation à laquelle nos arrière-grands-parents n’auraient jamais cru.

Mais la France est entrée de nouveau en guerre.

Ce n’est pas une guerre aux armes, évidemment. Cette fois, il s'agit plutôt d'une guerre culturelle, dont les conséquences pourraient être graves, aussi graves que les suites d'une défaite militaire.  Car si la France perd cette guerre, son patrimoine culturel, déjà en voie de disparition, s’anéantira et avec lui tout espoir que les cultures indigènes du monde puissent résister au nouveau ennemi : la mondialisation.

Depuis 1945, la mondialisation de la cuisine, de l'architecture, des langues et des coutumes rongent nos vieilles habitudes.  Il était une fois, nous étions des artisans, des paysans, des ouvriers.  Maintenant nous ne sommes que des consommateurs. On ne savoure plus, on ne goûte plus ; on mange. Nous achetons, donc nous sommes.

Aux États-Unis, la guerre contre la mondialisation a déjà été perdue et personne là-bas ne s’en est même pas rendu compte.  Car c’est nous qui avons déclenché les forces mondialisatrices qui se sont ensuite propagées au monde entier : la restauration rapide, la télévision, l’internet, la production à grande échelle, pour faire une liste non exhaustive.  Nous n’avons pas de quoi nous inquiéter.

Alors, s’il s’agit de la guerre, où en sont les dégâts ? Les batailles, où se déroulent-elles ? S’il y a un ennemi, il faut le montrer du doigt du moins !

Vous n'avez qu'à regarder les images ci-dessous pour avoir vos réponses :

Toutes ces photos ont été prises en France métropolitaine.  Mais elles auraient pu être prises également dans l’Illinois, ou bien aux alentours de n’importe quelle grande agglomération urbaine, qu’elle se trouve en France, au Canada, en Grande Bretagne et j’ose croire même au Brésil ou en Inde.  Elles nous montrent la mondialisation triomphante, les forces d’occupation de la consommation, l’écrasante défaite de la culture indigène française.

C’est vrai que des batailles, voire de batailles importantes ont été perdues.  De belles terres gisent en dessous des parcs de stationnement.  Des dizaines de milliers de fromageries et de boucheries se sont fermées.  La jeune génération ignore ses propres traditions.  Mais la guerre ne s'est pas encore terminée. Il y a toujours de l’espoir que vous, mes bons amis français, puissent continuer à résister à cette vague mondialisatrice, fossoyeur de toute culture.

Prenez les armes, citoyens !

vendredi 27 janvier 2012

La Chancelière et le président

L’image ci-dessus montre l’un des pires moments de l’histoire française : l’entretien qui a eu lieu à Donchéry entre Napoléon III et Bismarck, suite à la défaite de 1870. 

Mais je ne l’affiche pas pour vous rappeler un évènement que vous connaissez déjà trop bien.

Ci-dessous est une photo de votre président actuel à la rencontre de la chancelière allemande, Mme Merkel.  Croyez-moi, mon but n’est certainement pas du tout de comparer, comme certains ont fait, Sarkozy avec Napoléon III et Merkel avec Bismarck.


Ce que je voudrais, c’est plutôt que nous imaginions la langue employée dans les deux entretiens.

Dans le cas de Sarkozy et Merkel, on peut tout simplement se servir de la logique. Merkel parle deux langues étrangères  : l’anglais et le russe. Sarkozy, lui, ne parle que son anglais qui est, selon les méchants, épouvantable. On pourrait donc conclure que les deux font de leur mieux avec leur anglais et que ce n'est pas  la langue de Shakespeare. Ce serait plutôt le « globish » qu’ils emploient ensemble.

Par contraste, s’il avait été possible d’être à l’écoute de Bismarck et Napoléon III, notre expérience aurait été bien différente. On les aurait entendu parler en français, fort probablement. Et très bien d’ailleurs. Ils auraient pu également recourir à l’anglais, que ces deux grands personnages du 19e siècle connaissaient bien.

Alors, que penser de ces deux scènes ?  Quelles conclusions doit-on en tirer ?  Devrait-on croire qu’au fil des décennies la connaissance des langues étrangères s’est dégradée ? Pas du tout.  Au 19e siècle seulement l’aristocratie maîtrisait les langues étrangères, car dans le monde à part qui était le sien, il fallait partager une langue commune.  Pour des raisons historiques, cette langue était le français.  Dans le 20e siècle, au fur et à mesure que la classe moyenne s’est élargie, que l’éducation publique s’est améliorée et que c’est devenu de plus en plus facile de voyager à l’étranger, l’enseignement des langues étrangères s’est lui-même généralisé à un tel point que la majorité de la population européenne, ou presque, possède quelques connaissances de plus d’une langue. Cependant, la mondialisation, la croissance du tourisme, l’héritage de l’Empire britannique et le triomphe du libéralisme à l’anglo-saxonne ont permis à l’anglais de devenir la langue universelle.  Le français se trouve aujourd’hui au deuxième rang.

Je me dois de remarquer que pendant au moins trois siècles, le français avait été un lien culturel qui traversait les frontières européennes, alors que l’anglais s’est propagé (beaucoup plus récemment) au travers du commerce, plus précisément du capitalisme effréné qui a vu le jour en Amérique pendant les années 80 et qui a été adopté depuis lors par les pays émergents.

Je pense que ce n’est donc pas par hasard que le chancelier Bismarck et l’empereur Napoléon III s’entretenaient en bon français pour que la France ait pu se rendre et l’Allemagne ait pu devenir une nation, et qu'en revanche Merkel et Sarkozy s’entretiennent en un anglais qui est forcément beaucoup moins élégant (du fait que Sarkozy ne maîtrise pas la langue, je le reconnais) afin de gérer une crise économique sans fin, dont les résultats éventuels sont à la fois inconnus et effrayants.

lundi 9 janvier 2012

Les Armes et la nation

L’Amérique est bien connue comme le pays des « cow-boys ».  Lorsqu’il faut régler un différend, nous sommes les premiers à recourir aux armes à feu.  Les statistiques le démontrent : 5,6 meurtres commis pour 100 000 habitants aux États-Unis contre seulement 1,7 en France.

On peut dire que les armes à feu font partie de notre identité nationale.  En voici des exemples.  Dans le
« Vieil ouest » de la légende on réglait les comptes avec des pistolets parce que les lois n’y existaient pas.  Passons ensuite aux pionniers du 19e siècle qui, souvent avec les seuls fusils à chasse, ont vaincu ou au moins ont fait fuir les Indiens.  Et au 20e siècle, nos mafias se battaient à tirs de mitrailleuses.

Or les armes jouent un rôle mythique dans l’histoire américaine.  Et je n’ai même pas encore fait état du deuxième amendement de la constitution américaine, qui quant à lui garantit à tout citoyen le droit de se doter d’une arme, que cette-dernière soit un pistolet de petit calibre ou bien un fusil de chasse.  Il y en a qui insistent sur une interprétation du second amendement qui donne le droit de porter des armes encore plus lourdes.

Du coup personne ne devrait s’étonner que le taux de criminalité aux USA reste très élevé par rapport à ceux des autres pays développés.  Et que beaucoup des délits soient commis moyennant une arme à feu.

Il existe quand même un fait curieux, notamment qu’en France (un pays où les armes à feu sont censées être mieux contrôlées qu’en Amérique) il y ait des zones de « non-droit », où même les forces d’ordre n’osent pas entrer.  Il y a quelques semaines un très bon article, « Je suis flic de banlieue », est paru dans Le Figaro Magazine.  Selon le reportage, dans quelques zones du « 9-3 », les policiers ne sont considérés que comme une bande comme les autres.  Les trafiquants de « stup » emploient des kalachnikovs.  Autant dire que ce à quoi la BAC départementale doit faire face, c’est la guérilla urbaine.

Or on peut facilement trouver des quartiers aux États-Unis, surtout dans les grandes villes (ou ce qui en reste, s’agissant de Detroit, dans le Michigan, ou Newark, dans le New Jersey) où même les habitants vous conseilleraient de ne pas tenter le hasard en y entrant. 

Il est également vrai que pendant les années 60 et 70, certains réseaux criminels américains disposaient des caches d’armes, dont des mitrailleuses et même pire.  Mais la situation actuelle en France, où les malfrats sont parfois mieux armés que la police, n’est plus celle que l’on trouve en Amérique.

Comment ça s’explique ?  D’abord, je sais très bien que, en matière de criminalité en France, il y a une explication pour la gauche et il y en a une pour la droite.  En tant qu’étranger j’hésite à prendre parti dans le débat. Et au fort risque de paraître esquiver la controverse tout à fait, je m’en tiendrai à une explication pour la présence de tant d’armes lourdes là où il ne devrait pas y en avoir - c’est-à-dire dans un pays comme la France où les lois sont censées les interdire.  La délinquance, je ne vais pas m’en mêler.

Il me semble que le problème, c’est que les frontières en Europe sont moins bien contrôlées qu’autrefois et en France, plus particulièrement, il y a tant de points d’entrée.  Est-ce possible que le laxisme judiciaire ait, lui aussi, contribué aux difficultés ?  Oui, ça se peut.  Cependant, il convient de noter que les prisons sont pleines à craquer et les armes ne cessent de traverser la frontière.  J’estime qu’il faut penser plus globalement pour s’attaquer aux racines du mal.  Pourrait-il être trop facile à se déplacer dans l’Europe des 27 ?

mardi 27 décembre 2011

Devinez le pays


L’extrait suivant est tiré d’une chronique radio récente qui avait pour sujet la politique d’un certain pays occidental :  « L’enquête dessine une  (nom du pays en question) indignée, en colère, habitée par un sentiment d’injustice, d’inégalité croissante entre les riches et les pauvres, et qui a envie de le faire savoir haut et fort.  Les (habitants du dit pays) jugent que les politiques ne sont pas suffisamment à la hauteur de la crise, trop dépendants des marchés, peu enclins à réduire les inégalités, ou à taxer les transactions financières. Du coup, cette tentation populiste est forte. Les puissants sont dans le collimateur… »

Pouvez-vous deviner le nom du pays dont on parle ? Seul le pronom indéfini féminin « une » dans la première phrase nous offre quelques indices.  Mais je parie que vous n’arriverez pas à déterminer le pays auquel le texte entre guillemets fait référence.  Car le mécontentement de l’électorat de ce pays, ainsi que les raisons pour lesquelles les participants à cette enquête ont exprimé tant de colère seraient quasiment les mêmes dans n’importe quel pays de l’occident touché par la crise.

En l’occurrence, (je m’aperçois que vous ne pouvez plus supporter la tension de ne pas savoir le nom du pays entre parenthèses dans l’extrait ci-dessus), cette chronique était par Jean-François Achilli, diffusée le 21 décembre 2011 sur France Inter.  Les résultats de l’enquête citée dans la diffusion de M. Achilli (réalisée par l’Institut Médiascopie) ont été eux-mêmes publiés dans Le Monde.  Donc c’est possible que vous, les lecteurs de ce blog, ayez su d’avance qu’il s’agissait de la France, laquelle est d’ailleurs l’un des pays les plus pessimistes du monde entier, selon des informations que je viens d’écouter sur RTL.

Et pourtant une telle enquête, réalisée auprès d’un échantillon d’électeurs espagnols, italiens, ou même américains auraient rendu quasiment les mêmes réponses.

mardi 20 décembre 2011

Un Quiz


Savez-vous en quoi la société française est différente de celle des États-Unis ? Comment se ressemblent les deux pays l’un à l’autre ?  Jouez à ce quiz à réponses multiples pour tester vos connaissances sur le sujet.

1. Les violences criminelles, dans quel pays se sont-elles plus ou moins banalisées ?

A) La France
B) Les États-Unis
C) Le Mexique
D) Le Canada

La bonne réponse est « B ».

Explication :
Malgré l’augmentation du taux de criminalité en France, les actes criminels arrivent encore à susciter une assez forte réaction chez les Français, alors qu’aux États-Unis, plus de 50 ans de délinquance des mineurs, fusillades fréquentes dans les quartiers pauvres et même en dehors d’eux, une culture qui se résigne aux résultats pas du tout souhaitables de notre droit consitutionnel de porter des armes sur soi ont tous produit un milieu social où le crime n’étonne plus, même s’il s’agit des violences les plus affreuses.

Les conditions de guerre qui sévissent au Mexique ont rendu l’indifférence à la criminalité quasiment impossible, car là-bas personne ne peut vraiment s’en éloigner, sauf les plus riches du pays.  S’agissant du Canada, voilà une société bien plus paisible que celles de la France, des USA., ou du Mexique.  Il est quand même curieux que le hockey sur glace ait pu s’y établir.

2. Quel est (quels sont les) le pays où la classe moyenne se trouve la plus précarisée, voire prolétarisée à cause de la double peine de la concurrence des pays émergents et la crise financière ?

A) La France
B) Les États-Unis
C) La France et les États-Unis
D) La Suède et la Norvège
E) L’Espagne

La bonne réponse est « C ».

Explication :
L’Espagne a souffert de la crise plus que tous les autres pays européens (sauf la Grèce, bien entendu).  Mais c’est sa bulle immobilière qui a plutôt provoqué ses difficultés.  C’est vrai qu’il y a aussi eu une bulle immobilière aux États-Unis, dont l’explosion a été une très rude épreuve pour la classe moyenne.  Cependant, la désindustrialisation et les délocalisations (la pile et la face de la même pièce) sont la vraie base de la galère économique que la France et les États-Unis subissent actuellement.  Depuis 25 ans nos pays ont vu disparaître la plupart de nos usines et avec elles, le moteur qui a transformé la classe ouvrière et lui avait permis d’entrer dans la classe moyenne.

Évidemment, la Norvège et la Suède ont évité le pire des bouleversements économiques de ces dernières années, la première disposant des réserves importantes de pétrole, la deuxième étant parvenue à renouveler son industrie, à l’instar de l’Allemagne.  Donc
 « D » est la réponse la plus correcte.

3. Quels sont les deux pays qui, grâce au niveau des élèves qui viennent des milieux sociaux les plus favorisés, se maintiennent un classement des systèmes scolaires dans la moyenne de l’OCDE (ils en auraient reçu un d’encore plus bas autrement) ?

A) le Canada et la Finlande
B) la Chine et la Corée
C) le Brésil et le Mexique
D) la France et les États-Unis
E) l’Allemagne et l’Italie

La bonne réponse est « D ».

Explication
Les réponses « A » et « B » peuvent être éliminées d’emblée, car les quatre pays qui y sont nommés se trouvent tous au-dessus de la moyenne de l’OCDE en lecture, en maths et en sciences. « C » n’est pas la réponse correcte pour des raisons contraires :  le Brésil et le Mexique sont en dessous de la moyenne de l’OCDE.  L’Italie et l’Allemagne, elles, ont amélioré leurs performances éducatives et l’Allemagne a spécifiquement réussi à améliorer le niveau de ses élèves en difficulté, contrairement et à la France et aux États-Unis, pays où, au fil des ans, un écart s’est creusé entre l’élite et les couches populaires.

vendredi 16 décembre 2011

Bref

Les Français sont trop râleurs et les Américains ne le sont pas assez.

mardi 8 novembre 2011

Si j’étais français...

Je suis sympathisant du centre-gauche.

Et pourquoi le centre-gauche ?  Je suis conservateur en ce qui concerne les institutions publiques et gouvernementales : l’école, le service policier et judiciaire.  Je suis même très conservateur en matière de culture : l’alimentation, l’usage correct de la langue anglaise, la politesse.  Du coup on pourrait bien s’attendre à ce que je sois inscrit dans le Parti républicain, car c’est la droite qui se vante de défendre tout ce qui représente les valeurs traditionnelles du pays. 

Cependant, les propos outranciers de la droite ont rendu impensable mon adhésion au Parti républicaine.  Je me réfère à leur refus de croire au réchauffement climatique, leurs idées économiques injustes ou insensées (par exemple, la baisse d’impôts, à elle seule, pourra créer de l’emploi), leur positionnement politique comme défendeurs du peuple tout en se servant des lobbys puissants pour faire imposer un programme qui, lui, nuit (à mon avis) aux intérêts des Américains moyens (l’hostilité des Républicains envers les syndicats est frappante et depuis que le PR est à la majorité dans les gouvernements de quelques-uns de nos états, il n’a cessé de contester les droits syndicaux des fonctionnaires, instituteurs, etc.)

Mais si j’étais français, je serais plutôt sympathisant du centre-droit.

Comme j’aimerais bien déclarer de tout mon cœur ma loyauté éternelle pour la gauche française ! Mais c’est mon cœur qui m’en empêche.  Le président sortant a échoué de faire réduire la délinquance des mineurs, par exemple.  Mais au moins il a tenté de le faire.  Et la gauche, ferait-elle face au problème des zones de non-droit d’une manière décisive ?

Je ne veux pas dire que les forces de l’ordre ne devraient se servir que des canons à eau pour supprimer les émeutes.  Il faudrait plutôt un programme qui, au fil des ans, s’attaque aux racines de la criminalité de tous les côtés, qui par ailleurs emploie tantôt de la fermeté, tantôt des mesures éducatives. Autrement dit, je conseillerais une attitude droitiste envers la criminalité, mais en même temps je tirerais en quelque sorte mon chapeau à la gauche sachant que les seules mesures dures ne suffiront jamais à résoudre le problème.  Je reconnais que la gauche, elle, a de bonnes idées à contribuer et j’en prendrais librement si j’étais ministre de l’intérieur  ( ! ). Cependant, il convient de souligner que ce serait un élu du centre-droit qui emprunte des  idées à la gauche qui y réussirait et pas l’inverse.


Je passe maintenant à un autre sujet fâcheux, l’immigration.  Je ne me crois pas être forcément mieux placé pour y revenir, en tant qu’Américain.  Cependant, je crois pouvoir offrir une autre perspective du fait que l’immigration fait partie de notre identité nationale.  Je sais que l’identité nationale, elle, a produit encore un clivage droite-gauche chez vous. Le FN en a quasiment fait la base de leur programme, donc il y a de quoi s’en méfier.  Pourrions-nous tout de même convenir de quelques faits ? Le premier : il y a une culture française qui est en passe de perdre ses traits marquants face à la vague mondialisatrice qui cherche à effacer les coutumes et pratiques anciennes de la planète ; le second : il y a aussi une identité française qui comprend et la culture linguistique, alimentaire, etc. de la « France profonde » et les contributions des peuples des anciennes colonies.

Cela étant, aucune nation ne peut supporter le communautarisme à long terme.  Deux systèmes de valeurs ne peuvent exister côté à côté sans que le conflit en soit provoqué.  La France et les États-Unis ont tous les deux réussi à assimiler des étrangers pendant des siècles. Mais j’estime que le pays qui les accueillent a absolument le droit de leur demander de s’intégrer.  Cela ne veut pas dire que les immigrés doivent arracher leurs racines, loin s’en faut.  Et le droit de pratiquer leur religion est absolu.  Cependant, le respect aux lois du pays doit, lui aussi, être absolu.

Pour être juste, l’immigration devrait s’effectuer selon des règles.  Je crois que la réglementation de l’immigration apporte des bénéfices à tous les acteurs concernés.  Plus le nombre d’immigrés est conforme aux besoins du marché du travail du pays, plus et le pays et les immigrés eux-mêmes en bénéficient.  L’ouverture des frontières européennes depuis les années 90 a créé des opportunités, mais elle a aussi entraîné des ennuis.  Un retour au système douanier qui régnait avant 1989 n’est plus souhaitable économiquement, toutefois les réseaux de cambrioleurs de provenance étrangère qui se sont établis en France ces dernières années ne le sont pas non plus.


La gauche française a des idées attirantes.  Mais je trouve qu’elle préfère être floue plutôt que de s’affronter à certains défis tels l’échec scolaire, la criminalité, etc. Le feuilleton du quinquennat du président sortant n’a pas rapporté de la gloire à la république française.  On aurait été content que M. Sarkozy eût choisi de réaliser une poignée de bonnes idées au lieu d’en rater des dizaines par maladresse et faute de patience.  Cela dit, la voie offerte par un programme qui prend les meilleurs propos de la droite, tout en gardant le respect aux bonnes idées de la gauche, me semble la mieux placée pour résoudre les difficultés de la société française contemporaine.